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L’économie chinoise, entre tradition industrielle et modernité web. Un équilibre encore bancal.

Jeudi, septembre 8th, 2011

L’économie chinoise, entre tradition industrielle et modernité web. Un équilibre encore bancal.

Une tribune de Yoni Assia, fondateur et CEO d’eToro.

C’est après la mort de Mao Zedong que la Chine s’est industrialisée. Rapidement devenue compétitive, elle a inondé le marché mondial de jouets, vêtements et autres bibelots avec des prix défiant toute concurrence.

Trente ans plus tard, la Chine s’est fait dépasser par ses pays limitrophes. Produire en Chine coûte de plus en plus cher, les salaires chinois augmentant depuis une dizaine d’années. Cette amélioration des conditions salariales a eu pour conséquence directe l’augmentation de leur pouvoir d’achat et donc une croissance forte de la demande intérieure chinoise par l’arrivée en masse de capitaux étrangers.

Soumise à une inflation constante, la Banque Centrale de la Chine doit, ainsi, réévaluer régulièrement à la hausse ses taux et ses besoins en réserves obligatoires pour contrôler sa croissance. L’appréciation continue de la valeur du yuan concourant pourtant à générer un cercle vicieux d’augmentation des prix et alors au recul du marché chinois des biens de consommation.

Le marché virtuel a lui aussi été envahis par les investisseurs étrangers. La dernière étude du China Internet Networker Information (juin 2010) quantifie le nombre d’internautes chinois à 457 millions. Les opportunités de marché sont telles que, RenRen, le réseau social chinois s’apparentant à Facebook, a généré une demande en action de 743,4 millions de dollars lors de son introduction sur le NYSE. L’engouement pour Internet est si fort que les start-ups chinoises peuvent se faire financer à hauteur minimum de 20 millions de dollars, ce qui est nettement supérieur à ce que leurs homologues du reste du monde peuvent espérer. Ces derniers, d’ailleurs, les Etats-Unis en tête, font tout pour se faire connaître des internautes chinois, ce qui participe également à l’entrée de capitaux.

Cette frénésie pour le marché web chinois provoquera, à terme, une crise internet. En effet, les investisseurs s’empressent d’investir d’où des évaluations irréalistes mais surtout ils ne prennent pas en compte l’importance du contrôle du gouvernement sur la toile qui peut, à tout moment, faire fermer un site aussi bien pour une période déterminée qu’ad vit aeternam. En découlera alors un réflexe de revente en masse des actions de ces sites par leurs investisseurs d’où l’éclatement de la bulle.

Les entrées de capitaux restent finalement le facteur clé de croissance pour la Chine, tant pour la production physique que virtuelle. Le berceau de la croissance dans un pays émergents comme la Chine repose sur le potentiel de marché et le goût du risque. Effectivement, le potentiel de marché est considérable, il représente, en 2010, 1,36 milliards de consommateurs dont 477 millions ayant accès quotidiennement à internet. Cependant, pour que le goût du risque soit total, la Chine doit réussir à réduire et maintenir son inflation à moins de 5% par an. Elle doit également stabiliser l’exaltation pour son marché internet qui, s’il éclate, provoquera une crise de l’économie chinoise mais aussi de l’économie internationale.